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Osons #LesJoursHeureux à l’appel des législatives

Martin Rieussec-Fournier, co-fondateur du mouvement, entend poursuivre les actions au-delà de ces élections…

Entre frustration et désillusion, l’élection présidentielle 2017 n’aura laissé que peu de miettes aux débats autour de propositions et d’interpellations de nombreuses initiatives citoyennes. Affaires occultant les grands débats, banalisation de la présence du Front National au second tour ou perte totale d’orientation à gauche, le contexte n’a guère aidé l’initiative des « Jours Heureux ».

« Un bilan positif mais… »
Mouvement collectif citoyen qui a émis le souhait de mettre à jour le programme du Conseil national de la résistance de 1944 à la lueur des enjeux actuels, Osons #LesJoursHeureux a retenu 25 mesures prioritaires afin d’interpeller les candidats à la Présidentielle. Pour rappeler l’historique, le programme du Conseil national de la Résistance est un texte de deux parties rédigées en faveur d’une action immédiate à mener pour la libération et, par la suite, les mesures à appliquer une fois la libération venue. Un programme de gouvernement en somme. 73 ans plus tard, les thèmes portés par le collectif citoyen vont de la démocratie locale au désarmement nucléaire en passant par la lutte contre la pauvreté ou la transition écologie et énergétique (lien vers les propositions). « Nous en tirons un bilan positif », se réjouit Martin Rieussec-Fournier, l’un des fondateurs. « Bien sûr, nous ne pouvons être satisfaits de cette élection qui n’a pas du tout été à la hauteur de l’Humanité et des défis colossaux qui nous attendent. Nous avons souhaité une union des forces pour changer de trajectoire. Il faut reconnaître que cela a été un échec. Mais en deux ans du chemin a été parcouru. Une cinquantaine d’organisations issues de la société civile engagées dans une grande diversité de thématiques se sont reconnues dans ce récit de résistance avec la volonté d’agir ensemble. Rien que pour cela, nous sommes très satisfaits. »

Le grand « À quoi bon »
Vous l’aurez compris, le fatalisme n’a pas sa place dans ce projet. D’ailleurs, l’équipe a décidé de poursuivre son action au-delà des élections contrairement à ce qui était initialement prévu. « Nous avions prévu d’arrêter cet été », nous apprend-t-il. « Mais nous avons été agréablement surpris face à la possibilité d’une suite. Nos propositions répondent à une véritable attente. Malgré sa face sombre, cette élection a redéfini le fonctionnement et ouvert les possibles. Au vu des dynamiques actuelles avec l’affaiblissement majeur du PS, de LR et la mise en œuvre de la loi limitant le cumul des mandats, pour la première fois depuis des décennies, il va y avoir une Assemblée Nationale profondément renouvelée. Ce renouvellement verra peut-être de nouvelles pratiques parlementaires se mettre en place. Nous sommes dans une période politique de profonde recomposition où l’on voit bien que les partis ont besoin de s’oxygéner. Cela s’illustre par la présence désormais fréquente de responsables venant de la société civile dans le champ politique. Il y a un enjeu fort dans la période actuelle de transformation politique à montrer que nous sommes porteurs d’une vision politique d’avenir issues d’innombrables expériences locales, associatives, syndicales et entrepreneuriales.»
Reste à régler ce qui a été la face sombre de cette élection entre les scandales à répétition, la présence de Marine Le Pen au second tour ou la vacuité médiatique. « Tout ceci est préoccupant », reconnaît le co-fondateur du mouvement. La montée du FN est notamment très problématique car elle exprime un mal-être, une colère grandissante dont la fausse solution serait le repli sur soi. A côté de ce péril, il y en a deux autres majeurs qui sont l’indifférence et la désespérance d’un grand nombre d’entre nous face aux enjeux de notre époque. C’est ce que François Ruffin appelle fort justement ‘le grand à quoi bon?’ Cela montre que beaucoup reste à faire.» Notamment lors des élections législatives où plus personne ne semble se préoccuper de la montée du Front National.

« Plus les défis montent en gravité, plus cela pousse à coopérer »

Pour beaucoup, cette présence du parti d’extrême-droite au second tour doit énormément aux divisions à gauche et au manque de coopération des forces politiques. « Plus les défis montent en gravité, plus cela pousse les gens à coopérer », tranche Martin Rieussec-Fournier. « Nous nous réjouissons de tout ce qui a été mis en œuvre en termes de synergie pour bâtir les 25 mesures et les porter durant la campagne. Mais nous faisons aussi le constat que nous aurions pu être bien plus unis et entrainant. Cela est du à la jeunesse de notre initiative et peut-être aussi car la gravité et l’urgence de certains défis n’est pas facilement perceptible. Par exemple, si une centrale nucléaire avait explosé en février dernier l’arc des acteurs mobilisés pendant la campagne présidentielle sur le sujet de la transition énergétique aurait été très certainement beaucoup plus large et fort.»

Les espoirs Hulot et Nyssen

Ce manque de coopération des forces de gauches et des associations a donc profité à Emmanuel Macron, dont le premier gouvernement, dit Philippe, a été dévoilé quelques semaines plus tôt. Dans cette nouvelle équipe, le responsable des Jours Heureux y voit deux motifs d’espérer. « La présence de Nicolas Hulot dans un grand ministère de l’Écologie nous offre de bons espoirs », souligne le co-fondateur des « Jours Heureux ». « Sur nos propositions concernant le pétrole et le nucléaire, des garanties ont dû être demandées par Nicolas Hulot. Sur l’immigration, il est possible que des choses avancent tout comme l’alimentation. Nous sommes également agréablement surpris par la présence de Françoise Nyssen à la Culture. Sa marge de manœuvre peut amener des changements positifs. Mais ils auront surtout pour rôle de construire des fondations qui permettront à leurs successeurs d’avancer. Quant au reste, nous voyons beaucoup de conflits d’intérêt. Nous prenons également acte du fait qu’Emmanuel Macron ne nous ait jamais répondu malgré sept demandes de notre part… »

Cap sur les législatives
C’est le regard désormais tourné vers les législatives que « Les Jours Heureux » se projettent avec les mêmes 25 propositions, destinées cette fois-ci aux partis. Leurs positions seront d’ailleurs publiées prochainement. « Nous espérons dans l’idéal qu’elles mettent en œuvre ce qui nous semble être indispensable pour bâtir une société plus solidaire, plus juste, plus heureuse. Nous attendons que les partis se positionnent au sujet des 25 mesures et surtout se placer dans une perspective de long terme pour influencer au maximum les années à venir. », vise Martin Rieussec-Fournier. « 2017 peut nous permettre de construire les bases de cette grande coopération. Osons #LesJoursHeureux c'est aussi, comme l'avait fait le CNR au cœur d'une situation beaucoup plus noire encore que la notre, placer l'enjeu du bonheur, du "bien vivre" au centre d'une perspective de transformation sociétale. Nous œuvrons avec de nombreuses organisations dont Nuit Debout à un processus pour une nouvelle constitution en France. A terme, si l’opportunité se présente, nous sommes motivés pour être partie prenante d’élaboration de politiques publiques, peut-être avec le Conseil économique social et environnemental (CESE) si celui-ci voit ses missions évoluer. »
Nous espérons dans l’idéal qu’elles mettent en œuvre ce qui nous semble être indispensable pour bâtir une société plus solidaire, plus juste, plus heureuse. Mais plus pratiquement, au vu des forces en présence, nous attendons qu’elles se positionnent au sujet des 25 mesures et surtout se placer dans une perspective de long terme pour influencer au maximum les années à venir. A terme, si l’opportunité se présente, nous sommes motivés pour être partie prenante d’élaboration de politiques publiques, peut-être avec le CESE si celui-ci voit ses missions évoluer.